parties de l'ouvrage

Soumettre son article

Lorsque l'article est prêt et qu'il respecte au maximum les consignes aux auteurs, il est soumis à l'éditeur ou au rédacteur en chef de la revue.

Écran pour la soumission électronique d'un article.

Figure 3.7. Écran pour la soumission électronique d'un article.


Transmettre le manuscrit

Il peut être soumis :

  • de manière classique, sous enveloppe, avec un à trois exemplaires (en général en double interligne) accompagné d'une lettre et d'une copie sur support informatique ;

  • de manière exclusivement électronique (par courrier électronique ou via un site Web). Cette procédure, largement généralisée, prévoit par ailleurs l'envoi automatique d'un accusé de réception à tous les auteurs.

Tous les éditeurs demandent qu'un auteur soit désigné comme auteur correspondant. C'est lui qui transmet le manuscrit et qui correspondra avec l'éditeur.

L'auteur correspondant ne doit pas nécessairement être le premier auteur. Parfois, pour des raisons pratiques, l'auteur correspondant est l'auteur qui est géographiquement le plus proche de l'éditeur ou qui est le plus facilement joignable.

La réception de l'article

L'accusé de réception

Peu importe la décision qui sera prise à propos de l'article, l'éditeur enverra toujours un accusé de réception.

Cette démarche permet à l'auteur d'être certain que son article est bien arrivé à destination et permet à l'éditeur d'informer tous les coauteurs, s'il y en a, qu'un article a été déposé en leur nom.

Si un coauteur ignore que son nom a été associé à cet article, c'est au moment du dépôt qu'il doit se manifester s'il n'est pas d'accord.

Le rejet a priori

Avant d'être soumis au comité de rédaction et au comité de lecture, l'article va d'abord être examiné attentivement pour voir s'il peut leur être soumis. Cette étape est essentielle, elle permet à l'auteur et au comité de rédaction de ne pas perdre de temps si l'article ne correspond pas, a priori, à la revue.

La ou les personnes qui effectuent cette première lecture vont évaluer l'originalité du manuscrit ainsi que la forme et le fond de celui-ci.

Les principaux motifs de rejet a priori concernent le champ de la revue, l'originalité, le respect du guide des auteurs (nombre de pages, traductions, format des illustrations, etc.), la bibliographie (actualité, types de documents, qualité), la forme du texte (IMReD, syntaxe, orthographe) et la qualité scientifique (hypothèses, plan expérimental, résultats, analyse, discussion et conclusions).

La liste qui suit reprend les différents points d'observation. Elle peut aussi servir d'aide à l'auteur pour évaluer son manuscrit avant de le soumettre.

Originalité

L'article sera rejeté s'il a déjà été publié ou si un des auteurs a déjà publié un article similaire. Il est évidemment hors de question de publier deux fois le même article ou de soumettre le même article à deux revues différentes.

Il faut que des différences significatives, que des avancées sérieuses apparaissent pour qu'un article soit considéré comme original.

L'article sera rejeté si un ou plusieurs articles semblables existent et que l'article soumis n'apporte rien de neuf sur le plan scientifique.

Respect du guide des auteurs

L'article sera rejeté si le sujet sort des thématiques de la revue et globalement s'il ne respecte pas le guide des auteurs :

  • article trop long ;

  • absence de traduction du titre, du résumé, des mots-clés et des titres et légendes des illustrations ;

  • illustrations, tableaux et figures non signalées dans le texte ;

  • illustrations qui ne sont pas utilisables (format, précision, qualité) ;

  • unités de mesure ne respectant pas les normes (ISO 31 et ISO 1000).

Forme du texte

L'article sera rejeté si le texte comporte trop de fautes d'orthographe et n'est pas facilement lisible (vocabulaire utilisé, syntaxe).

En général, si certaines phrases doivent être lues plusieurs fois, c'est le signe que la présentation (formulation) du texte n'est pas claire, qu'il y a des ambigüités, que le texte manque de précision (utilisation abusive de "quelques", "certains", "plusieurs" ou "beaucoup").

Des phrases trop longues, des paragraphes trop longs et qui présentent trop d'idées à la fois sont de fréquents motifs de rejet a priori.

Partie liminaire

Chaque partie est passée en revue en commençant par la partie liminaire :

  • le titre de l'article doit bien correspondre à son contenu ;

  • les affiliations doivent être complètes pour chaque auteur. L'auteur correspondant doit être identifié clairement ;

  • le résumé doit présenter la justification de la recherche, expliquer ce qui a été fait et comment, décrire ce qui a été trouvé, la signification des résultats doit être développée ;

  • les mots-clés doivent bien représenter le contenu de l'article.

Introduction

Dans l'introduction, le contexte et l'importance du problème posé doivent être décrits. L'état de la littérature sur le sujet doit être complet et récent.

La ou les hypothèses de travail doivent être présentées.

Matériel et méthodes

Pour la partie "matériel et méthodes", l'article sera rejeté si la description ne peut pas permettre à un autre chercheur de reproduire les résultats obtenus et/ou d'utiliser la même méthode dans une autre expérimentation.

Il sera également rejeté si la recherche décrite se base sur une expérimentation trop pauvre (population, échantillons, traitements, durée, nombre d'observations, répétitions, marge d'erreur...) ou s'il n'y pas d'outils statistiques ou que leur utilisation est insuffisante et/ou inadéquate. C'est une cause de rejet très fréquente.

Résultats

Lors de cette première évaluation, le lecteur vérifiera s'il y a redondance entre les illustrations (tableaux et/ou figures) et le texte ou s'il y a redondance entre les illustrations.

Si certains tableaux ou figures sont inutiles ou doivent être synthétisés voire regroupés, ce sera une faiblesse soulignée.

Ce sera également le cas si les tableaux comportent des erreurs, sont peu lisibles, que les figures manquent de précision, que les légendes des illustrations sont incomplètes ou absentes, que les illustrations ne sont pas compréhensibles sans le texte.

Les résultats ne doivent pas être discutés dans cette partie.

Discussion et conclusions

L'hypothèse de départ doit être infirmée ou confirmée. Il faut que les résultats permettent d'accepter ou de rejeter l'hypothèse présentée dans l'introduction.

Il faut aussi, dans cette partie, trouver des liens avec d'autres recherches sur le même sujet, les limites de la recherche réalisée (sans excès) et une analyse des résultats suffisante.

Citations et bibliographie

La bibliographie sera une des premières choses qui sera analysée. La bibliographie ne doit pas être trop longue et être récente. Les références doivent être complètes et sans erreur.

Dans le texte, il doit y avoir des renvois bibliographiques. Ces renvois doivent être conformes au guide des auteurs. Toute référence citée dans le texte doit correspondre à une référence dans la bibliographie et inversement.

Le comité de lecture

Une fois l'article réceptionné, il va être soumis au comité de lecture.

Le comité de rédaction[18] sélectionne deux ou trois lecteurs extérieurs qui constituent le comité de lecture. Ces "pairs" (en anglais, on parle de "peer reviewing") vont lire et évaluer l'article.

La sélection des articles est anonyme et impitoyable. La lecture s'effectue en double aveugle. Le lecteur ne sait pas qui est l'auteur de l'article et l'auteur ne sait pas qui est le lecteur[19].

Les lecteurs

Les revues constituent progressivement leur comité de lecture, leur réservoir de lecteurs potentiels.

Pour les revues généralistes, ces comités sont composés de plusieurs dizaines de lecteurs. Pour les revues spécialisées, ce sont souvent les mêmes lecteurs qui sont sollicités.

Ce travail est normalement non rémunéré.

Les lecteurs sont sélectionnés sur base de leur notoriété dans les domaines couverts par les revues. Ils sont, ou ont été, souvent aussi auteurs pour ces mêmes revues.

Être reviewer, c'est non seulement être membre du comité de lecture d'une revue mais c'est aussi entrer dans un réseau de connaissance et avoir accès à des informations nouvelles. Cette activité est une possibilité d'améliorer son propre travail d'écriture.

Le questionnaire utilisé pour la revue BASE.

Figure 3.8. Le questionnaire utilisé pour la revue BASE.


Le lecteur est sollicité et doit d'abord accepter de relire (attentivement) l'article. S'il accepte, il s'engage, dans un délai de deux à six semaines, suivant la revue, à :

  • effectuer une lecture critique de l'article ;

  • compléter un questionnaire ;

  • proposer une décision à l'éditeur ;

  • annoter le texte, même si le manuscrit doit être rejeté.

En s'engageant dans ce processus, le lecteur doit aussi respecter une clause de confidentialité et ne pas utiliser ou diffuser les résultats qui lui sont soumis.

Les décisions

Le comité de rédaction prend une décision sur base des avis des lecteurs. Ces derniers doivent répondre à une liste de questions ayant trait au fond et à la forme de l'article et annoter le manuscrit. Ils doivent aussi proposer une décision :

  • l'acceptation de l'article tel quel (très rare) ;

  • des révisions mineures, en général de forme, ne mettant pas en cause la qualité générale du manuscrit ;

  • une révision majeure qui demande à l'auteur de retravailler une partie du manuscrit, d'ajouter des éléments manquants ou au contraire de supprimer des éléments inutiles. Une révision majeure implique un travail en profondeur d'un article considéré comme original et intéressant pour la revue ;

  • le rejet.

Les principaux motifs de rejet sont :

  • les objectifs (hypothèse[s]) ne sont pas définis ;

  • l'intérêt est trop local ;

  • le plan expérimental est trop pauvre ;

  • il y a des incohérences dans les données ;

  • les conclusions sont hâtives ou erronées ;

  • les résultats sont trop partiels ("une étude complémentaire devrait ...") ;

  • la bibliographie est pauvre ou trop ancienne et ne donne pas une vision actuelle du problème.

Quelle que soit la décision prise par le comité de rédaction, l'auteur reçoit un maximum d'informations sur les raisons qui justifient cette décision, même en cas de rejet. Il reçoit aussi son manuscrit avec les annotations (corrections, questions, suggestions...) des lecteurs.

Les signes conventionnels de correction.Europa (2008).

Figure 3.9. Les signes conventionnels de correction.[20]


Le comité de rédaction reste souverain. Il peut rejeter un manuscrit pour lequel une révision majeure est proposée et, inversement, mettre en révision majeure un article rejeté.

Le comité de rédaction peut demander à l'auteur de transformer un article en note de recherche si le sujet est intéressant mais le contenu trop pauvre.

Les épreuves

L'auteur correspondant recevra plusieurs versions du manuscrit. Si une révision lui est demandée, il devra retravailler son manuscrit et la nouvelle version sera soumise à nouveau au comité de rédaction et aux lecteurs qui avaient lu la première version. Tant que le manuscrit n'est pas accepté, il peut faire plusieurs allers et retours.

Une fois que le manuscrit est accepté, il est transmis à l'édition qui peut aussi poser un certain nombre de questions[21] à l'auteur correspondant.

Il existe des signes conventionnels utilisés par les éditeurs et les lecteurs pour annoter un manuscrit. Ces signes (voir figure ci-dessus) permettent un dialogue non ambigu entre un correcteur et un auteur ou un metteur en page.

Avec les logiciels de traitement de texte, il est possible d'enregistrer[22] des corrections et des commentaires de façon électronique.

Lorsque le manuscrit est mis en page dans sa forme définitive, l'auteur correspondant reçoit une dernière épreuve pour "bon à tirer". Il peut encore sur cette dernière épreuve suggérer des modifications. Ces modifications doivent être mineures pour ne pas modifier la mise en pages.

L'éditeur fournira éventuellement un indentifiant DOI ou une adresse Handel[23] afin que l'auteur puisse déjà faire référence à son article dans une autre publication ou dans une bibliographie.

L'article de synthèse

L'objectif d'un article de synthèse est de faire le point sur l'état des connaissances scientifiques dans un domaine bien précis. Il fait l'état des lieux des connaissances et dégage les directions particulières prises dans ce domaine.

Il repose avant tout sur une bonne recherche documentaire. Les sources doivent être sélectionnées à partir d'une critique attentive. Un article de synthèse est une étude critique de sources valides et impartiales.

L'article de synthèse est souvent plus long qu'un article de recherche et sa liste bibliographique est également plus longue[24].

Son titre correspond avec exactitude au domaine étudié et les objectifs de l'article sont décrits dans le résumé et l'introduction.

Le schéma ne suit pas le modèle IMReD qui est peu adapté à ce genre d'article. Il suit généralement le modèle ILPIA (Introduction, Littérature, Problème, Implication, Avenir) qui convient mieux aux articles de synthèse.

Il faut en tout cas qu'il y ait une introduction précisant bien le sujet de la recherche, le corps de l'article avec une discussion sur les différentes sources retenues et une conclusion (ou "implication" et "avenir") qui identifie les zones de controverses et les questions qui attendent encore des réponses.

Les illustrations (figures et tableaux) ne sont pas indispensables mais peuvent être utilisées si elles complètent le discours. Les citations sont courtes (quelques lignes, limite imposée par la législation sur le droit d'auteur) et toujours de première main (document en main). Les citations de seconde main sont utilisées avec précaution et ne sont pas reprises dans la bibliographie. Elles sont reprises en notes de bas de page.

La démarche de rédaction consiste avant tout à bien déterminer le sujet de la synthèse, effectuer une recherche documentaire exhaustive, obtenir et lire les documents originaux, bien les comprendre et les analyser, trier et organiser l'information.

L'article de synthèse ne repose pas sur une expérimentation mais il doit néanmoins être original. Il doit proposer des analyses et le point de vue de l'auteur. Il ne peut pas reprendre une synthèse déjà réalisée par un autre auteur mais peut y faire référence.

Un article de synthèse n'est pas une suite de descriptions mais une analyse critique. Il faut dès lors éviter de commencer toutes les phrases avec un nom d'auteur.

Les informations sont triées en fonction de l'évolution dans le temps, suivant les points de vue et écoles et en fonction des différents aspects du sujet.

L'article est rédigé en tenant compte de toutes les règles de rédaction d'un article scientifique. Il sera évalué par le comité de lecture comme un article de recherche.

La note de recherche

Le choix de publier une note de recherche peut être justifié par :

  • un manque de résultats pour rédiger un article de recherche ;

  • des travaux pour lesquels la méthode n'est pas nouvelle mais pour lesquels un apport est fait par rapport à une variété ou une région.

Dans un environnement compétitif, une note de recherche peut aussi être préliminaire à un article de recherche plus complet.

C'est une communication courte qui ne dépasse pas deux à trois pages (illustrations et bibliographie comprises), soit un maximum de plus ou moins 2 500 mots.

Le schéma suit le modèle IMReD comme pour un article de recherche mais avec deux à trois illustrations (tableaux ou figures) au maximum.

L'évaluation est identique à celle d'un article de recherche (avec comité de lecture).



[18] Le comité de rédaction d'une revue, en général sous la direction du rédacteur en chef, est l'éditeur scientifique de la revue.

[19] Dans certains cas, le lecteur peut accepter de se faire connaitre de l'auteur et lui permettre d'entrer directement en contact avec lui.

[21] Ces questions peuvent porter sur des imprécisions dans le texte, les illustrations, les tableaux ou la bibliographie. L'édition peut aussi faire des propositions de modifications de forme (tournure de phrase, titres...).

[22] Avec OpenOffice ou LibreOffice : menu "Edition", "Modification", "Enregistrer". Avec Word : Menu "Outils", "Suivi des corrections".

[23] Le DOI pour Digital Object Identifier (ex : 10.1177/0340035209105671) et l'adresse Handel (ex : http://hdl.handle.net/2268/109540) sont des systèmes d'identification uniques et persistants d'un document. Ils permettent de retrouver le document quelle que soit l'URL (adresse Internet) où il se trouve.

[24] BASE impose néanmoins une limite de 50 références bibliographiques pour inciter les auteurs à garder une approche synthétique.

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